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REGISTRES D
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faire en ceste Ville et legitime occasion pour y sé­journer, affin de les faire promptement vuyder, et à ceste fin demander,le lendemain, messieurs les Lieu­tenans civil et criminel pour leur commander de faire marcher, led. jour, tous les commissaires, cha­cun par leurs quartiers, pour de Ieur part faire lesd, recherches; auquel jour de lendemain deux de Mes­sieurs les Eschevins de lad. Ville se trouverent au logis dud. sr mareschal, et lesd. Lieutenans, civil et criminel, ausquelz iceluy sr mareschal ordonna faire faire lesd, recherches, led. jour aussi par les Quarteniers d'icelle Ville, chacun en leur quartier à part et separement, et par lesd, commissaires aussi chacun en leurs quartiers, pour ce faict, luy eslre faict rapport sommairement par lesd. Quarteniers et commissaires de ce que chacun d'eulx respective­ment auroient trouvé; ce qui a esté executé de la part desd. Quarteniers, lesquelz incontinent furent par mesd. s" mandez, et pour congnoistre s'ilz y faisoient debvoir, lesd, s" se partirent en deux com-paignées, et visitèrent lad. Ville et faulxbourgs, led. jour de relevée.
roit fort le repos auquel de present Sa Majesté a laissé son peuple, a esté advisé, encores que on n'adjouste plaine foy à l'advertissement dessusd., de ne négliger iceluy avis, de en aller advertir mon­seigneur le mareschal de Montmorency, Lieutenant de Sad. Majesté et Gouverneur de ceste ville de Paris et Ysle de France, et le supplier de y pour­veoir le plus promptement que faire se pourra, ce qui a esté faict; et trouverent mesd. s" monseigneur le mareschal au jardin de la Royne aux Thuilleries ']), present monseigneur de Gonnor'2'; lequel sr ma­reschal feist responce qu'il avoit ja eu pareil adver­tissement des choses dessusd., el neantmoings estoit fort contant de la venue et rapport de mesd. s", à quoy il deliberoit de pourveoir et s'emploier de tout son povoir, ad ce que aucun trouble n'advint mes­mement à son gouvernement pendant l'absence du Roy, et que en brief il ' esperoit avoir trois cens hommes d'armes dedans sond, gouvernement, et neantmoings a advisé de faire faire recherches par ceste Ville et faulxbourgs, pour sçavoir s'il y a aul­cuns estrangers ou autres personnes n'ayans que
DCXV. — [Rapport par Jacques Henry, Dixinier, de la visite es maisons de sa Dixaine.]
12 mai 1564. (H 1784, fol. a4o r°.)
Le vendredi, xii" May mil v° L xiiii, est venu au Bureau de lad. Ville Jaques Henry l'esné, Dizinier ou quartier de me Pierre Pellerin, lequel a dict que, sujvant le mandement envoié, le jour d'hier, aud. Péllerin, il c'est transporté es maisons des habitans de sa Dizaine pour faire la recherche, selon le con­tenu au mandement de lad. Ville, et entre aultres en la maison de Jehan Recullé; auquel lieu, en par­lant à sa femme, led. Dizinier luy a demandé qui estoit logé leans, a faict responce qu'il y avoit en son logis ung gentilhomme nommé Charles Goul­lart, qu'il y avoit quinze jours qu'il estoit marié, et n'a voullu declairer de quelle maison il estoit, ne
qu'il y faisoit. Dud. lieu c'est transporté led. Dizi­nier cn la maison du general Roullier'3', rue des Prouvelles(4), et en parlant à sa personne, luy a demandé quelz gens il y avoit logez leans; led. Roullier luy a respondu qu'il n'estoit pas hostellier, et qu'il n'y avoit que trois gens leans. Et après led. Henry est allé en plusieurs maisons de sa Dizaine pour faire lad. perquisition; mais la pluspart mur­muraient de quoy m° Pierre Pellerin estoit remis en son estat de Quartenier, et qu'on ne le devoit point remectre aud. eslat, et aulcuns disoient qu'ilz ayme-roient mieulx perdre les armes que d'avoir porté en son logis les billetz à signer.
(l) Catherine de Médicis acheta, de 1563 à 1567, les terrains pour la construction projetée des Tuileries; elle écrivait, le 9 mars 1565, au maréchal de Montmorency pour le prier de faire "besogner au bolovart qui ayst près de son jardin et continuer la fortification de set coutén: le 28 mars, le maréchal lui répondait qu'il ttavoit donné commencement!) à ce que la Reine désirait ttestre faict au boullevert du costé des Thuilleries». (Lettres de Catherine de Médicis, t. 11, p. 248, 276, 281.)
'2) Cette entrevue des Échevins avec le maréchal de Montmorency a été mentionnée par M. de la Ferrière dans Son recueil iles Lettres de Catherine de Médicis, t. II, p. 180, note.
O Nous trouvons, le 20 mars 1568, un conseiller au Parlement qui, selon lo.ite apparence, était de la méme famille, Pierre Rouillier.
O La rue des Prouvelles était l'une des désignations données, au moyen âge, à la rue des Prouvaires, qui formait la continua-tio:i de la rue du Roule et aboutissait à la rue Traînée, en face du portail méridional de Saint-Eustache.